Une année de blogging à temps plein : quel bilan ?

Durant la dernière année qui s’est écoulée, j’ai fait le choix de me consacrer à 100% au blogging. Cette passion qui m’anime depuis des années maintenant. C’est devenu mon activité professionnelle à temps plein et c’est ce que j’ai donc eu la chance de faire pour vivre. Si mon année a été un peu particulière car j’ai vécu au Japon et j’ai pas mal voyagé, il faut avouer que professionnellement ça n’a pas été très facile. Petit bilan sur cette expérience.

Un début catastrophique, j’ai presque hésité à tout stopper

Au début de cette activité, c’était catastrophique. Les premiers mois, je me suis focalisé sur mon travail. J’ai passé des heures et des heures à bosser, parfois sans sortir de chez moi. Quel intérêt de partir vivre au Japon si c’est pour ça ? Je me posais la question aussi. À un moment, j’ai dû dire stop. Surtout qu’on ne va pas se mentir, je ne gagnais presque rien au départ. Si je fais cette activité depuis plus de 10 ans et que ça me permettait d’avoir un revenu non négligeable à côté de mon ancien travail, en vivre et se tirer un salaire complet : c’est autre chose.

La passion du blogging oui mais il faut payer ses factures à la fin du mois

J’ai donc tout changé, j’ai tenté de voir comment je pouvais être encore plus productif dans cette activité de blogging. J’ai tenté de voir comment je pouvais optimiser mes revenus. Les premiers mois j’ai juste complètement cramé mes économies. Je passais aussi beaucoup de temps sur des blogs qui ne rapportaient pas un centime. À un moment il faut être honnête et faire une liste de priorités financières même si hélas, ce n’était pas la priorité du coeur. Je suis toujours quelqu’un qui a travaillé par passion, j’ai donc toujours préféré écrire sur des sujets que j’aime même si au final ça ne me rapporte pas un seul centime. C’était peut-être une erreur et je m’en suis rendu compte pas la suite seulement.

C’est aussi le problème d’un métier passion. On ne se rend compte de rien et autre problème : on baisse ses tarifs facilement parce qu’on aime ce qu’on fait. Sauf que non, il ne faut pas parce qu’à la fin du mois on a quand même un loyer à payer et malheureusement, on est comme monsieur et madame tout le monde. Heureusement, je n’ai pas vécu que du blogging (mais ça représente la très grand partie de mes revenus de 2019). J’ai pu compter sur des prestations en freelance à côté qui m’ont alors permises très clairement dès le mois d’avril de sauver mon année au Japon. Une fois que je suis retombé à l’équilibre financièrement, j’ai alors pu envisager un avenir plus serein.

J’ai trouvé par la suite mon rythme et j’ai vraiment pris plaisir à faire tout ce que je faisais au quotidien dans mon travail (même si certains estiment toujours que blogueur n’est pas un vrai travail mais ça c’est encore un autre sujet). Là, ça a été un vrai plaisir puisque j’ai pu me rendre compte à quel point c’était fantastique d’être freelance et de n’avoir de comptes à rendre à personne. Je me dis aussi que le retour au salariat sera d’autant plus difficile car je vais perdre cette liberté bien que je vais gagner en stabilité.

J’ai donné un peu trop de ma vie privée, c’était une erreur.

Là où ça a été plus compliqué c’est sur le sujet de la vie privée. J’ai des blogs depuis que j’ai 13 ans mais je n’ai jamais vraiment eu besoin de me montrer en fait. Je n’ai pas vraiment caché mon identité par le passé mais quand vous écrivez sur un blog, ce n’est pas comme quand vous produisez une vidéo YouTube où éventuellement vous vous montrez. Sauf qu’avec mon blog sur le Japon, “Merci Japon” et l’envie de le faire un peu décoller sur mes réseaux sociaux, je me suis rendu compte que je n’avais hélas pas le choix, il fallait que je me montre pour pouvoir gagner des followers mais aussi engendrer quelques contrats et gagner un peu d’argent. C’est triste à dire mais c’est comme ça que ça fonctionne.

Alors rapidement, c’est ce que j’ai fait et j’ai fait le choix d’en dévoiler un peu plus sur moi et mon quotidien (surtout sur Instagram, pas vraiment dans mes tâches liées au blogging quotidiennement). Je me montrais quotidiennement. Alors là, il est évident que ça n’a pas été la meilleure chose à faire parce que rapidement tu dérives vers des parties de ta vie privée que tu ne voudrais pas forcément montrer (et tu ne t’en rends pas compte que c’est malsain). Mais tu rentres dans une spirale où c’est difficile de faire machine arrière. Les gens qui te suivent t’en demandent toujours plus et là, tu dois te poser les bonnes questions. Pendant ce temps comme un con : je répondais à tout le monde et j’en donnais toujours plus. 

J’ai des jeunes et des moins jeunes qui se sont abonnés. On est pas beaucoup, on est un peu moins de 6000 sur Instagram. Sauf que tous les jours il y a quand même plus de 2000 personnes qui visionnent mes stories et j’ai la chance d’avoir un beau taux d’engagement. Les internautes sont réactifs et j’adore vraiment échanger avec tout le monde. Sauf que ça a dérapé au point de me mettre mal à l’aise. Je me suis rendu compte à quel point le blogging (où je contrôle tout de A à Z) était bien différent d’une présence sur les réseaux sociaux.

Vous, vous ne connaissez pas toutes ces dizaines de milliers de personnes qui lisent vos blogs ni même les milliers de personnes qui vous suivent sur vos réseaux. Pourtant, eux, ils vous connaissent et parfois aussi bien que vos potes car ils vous suivent tous les jours. Vous leur donnez tellement qu’ils ont l’impression d’être très proches de vous. Ça en devient alors parfois un peu gênant. Ils vous posent des questions déplacées (pour certains uniquement) et n’hésitent pas à vous questionner sur votre vie privée.

C’est génial, parce qu’il y a beaucoup de retours positifs et d’encouragements à ce moment. On a envie de continuer à donner plus et on se dit surtout que sans ces gens qui vous suivent, votre activité n’est pas stable ni fiable. On ne se voit pas dire non par conséquent.

Une envie d’arrêter après une belle année à plein temps

C’est justement la partie que j’ai le moins apprécié et c’est aussi ce qui m’a donné envie d’arrêter cela à plein temps pour être honnête. Si aujourd’hui j’ai une activité plutôt stable, je dois bien avouer que tout ça m’a bien refroidi. Je ne peux pas manger au restaurant et poster une photo sans qu’on me demande : “Il y a une assiette en face de toi… C’est un diner en amoureux et tu nous le caches ?”. Arf. S’il vous plait. Retenez que je montre avant tout ce que je souhaite et que si je n’en parle pas c’est pour me protéger moi et aussi mes proches. J’ai découvert ça (bêtement faut dire…) car ça n’aurait jamais pu arriver avant car je me contentais du blogging et rien de plus.

Je suis le premier à vouloir tout savoir sur ceux que je suis sur les réseaux sociaux mais je me contente sincèrement de ce qu’on me donne et je n’essaye pas d’aller chercher plus loin systématiquement. Je me suis rendu compte à quel point cette année la vie privée peut-être un élément important et la valeur qu’elle peut avoir.

Des critiques parfois violentes pour la première fois après 10 ans de blogging

Si je ne suis pas suivi par des millions de personnes, j’ai quand même reçu beaucoup de critiques violentes cette année. On peut me juger, on peut ne pas aimer ce que je fais et je l’entends. Mais je ne pensais pas que ce serait aussi difficile pour être honnête de se prendre autant de commentaires négatifs dans la tête au quotidien. Je suis quelqu’un qui pourtant dans la réalité n’est pas vraiment blessé par les critiques que je peux recevoir. Pourtant de la part d’inconnus ça m’a parfois beaucoup plus touché et c’est justement ce qui est étrange. J’ai toujours essayé de donner et rendre ce qu’on m’a donné avec la chance de vivre de cette activité.

Autre chose qui m’aura beaucoup perturbé : j’ai été reconnu pour la première fois dans la rue. Pourtant, ça faisait déjà 9 ans que je faisais ça. Tranquillement dans mon coin. Je n’ai jamais voulu être reconnu et ça m’a beaucoup gêné. C’est toujours bienveillant mais c’est étrange. Je suis comme tout le monde, alors quand on me saute dessus en me disant : “Oh, mais c’est toi Roméo !!!”. C’est surprenant et croyez moi, on se pose alors beaucoup de questions. Ça m’est arrivé aussi quand j’étais avec mon frère au Japon, là je ne suis pas seul, je suis avec des proches. C’est encore plus étrange parce que je ne veux pas imposer ça aux autres. Eux ils n’ont pas fait le choix de s’exposer, alors que moi si. Si à mon échelle ça m’est arrivé, je ne souhaite pas que ça devienne mon quotidien et je ne veux donc pas continuer à développer à fond cette activité.

Ainsi, je rentre dans quelques jours en France. Si j’ai adoré cette activité pendant un an et que j’ai pu laisser libre court à mon imagination dans toutes mes créations, je dois avouer que prendre du recul et se poser me fera du bien. J’ai aussi besoin de revenir à la réalité. Mon quotidien cette année n’aura pas été “classique”. Il faut que je relativise tout ça et que je prenne un peu de distance. Je vais continuer le blogging comme une activité à côté mais clairement pas un travail à plein temps. Je me suis rendu compte que plus que jamais, cela doit rester une passion. Je ne veux pas me forcer mais je suis reconnaissant de tous ceux qui me suivent et qui me permettent de vivre de cela ! J’ai adoré rédiger mon premier libre et je voudrais vraiment vous remercier pour vos retours. Ça a été un socle incroyable pour moi cette année et j’espère pouvoir faire du second livre un second succès. Évidemment, je vais continuer à alimenter tous mes réseaux sociaux. Le petit Roméo devenu grand par ce périple reste le même, il proposera peut-être juste des contenus différents dorénavant. 

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>